Les motifs, signes et symboles berbères / amazighs

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Dans les villages berbères (amazighs) du Maghreb, que ce soit au Maroc, en Algérie ou en Tunisie, les hommes ont toujours vécu en étroite relation avec la nature, en la faisant passer avant leur propre condition. Ce lien étroit avec l’environnement procure un sentiment qui mêle à la fois peur et respect, et c’est la nature qui est la source de toute inspiration créatrice artistique et matérielle.

Symboles berbères de Kabylie en Algérie - © Michel-Georges Bernard
Symboles berbères de Kabylie en Algérie – © Michel-Georges Bernard

Des vestiges très anciens montrent des peintures rupestres qui mêlaient environnement et art. Les premiers dessins étaient très simples, sous formes de croix ou de lignes, puis on a vu apparaître des dessins plus travaillés d’animaux sauvages et domestiques, ainsi que des scènes de chasse.

Peintures rupestres berbères du site de Tassili n'Ajjer en Algérie © Gruban
Peintures rupestres berbères du site de Tassili n’Ajjer en Algérie © Gruban

L’histoire des motifs berbères est très ancienne. On ne sait pas si les premiers motifs ont été utilisés sur le corps sous formes de tatouages, ou sur les objets matériels (tapis, tissages, objets en terre cuite, en cuir ou en bois, etc.). Ce dont on est certain, c’est que les mêmes motifs existent depuis très longtemps sous les deux formes.

Les motifs se différencient selon la tribu. Il est ainsi possible de facilement identifier de quelle région proviennent les objets. Certains motifs représentent des symboles bien précis qui ont une utilité particulière alors que d’autres ont tout simplement un rôle esthétique. Le tatouage fait partie des rites de la culture berbère, que ce soit sur les mains, les bras, les pieds, sur le front entre les deux sourcils, sur le menton ou sur les joues.

Jeune ville berbère algérienne de Ouled Naïl en 1905 portant des tatouages entre les sourcils et sur les jours - © Lehnert & Landrock [Domaine publique]
Jeune ville berbère algérienne de Ouled Naïl en 1905 tatouée entre les sourcils et sur les joues – © Lehnert & Landrock

Néanmoins, aujourd’hui les femmes des régions berbères ne pratiquent presque plus le vrai tatouage permanent. Elles utilisent désormais le henné pour reproduire les mêmes motifs, notamment sur les mains et les pieds. Certains motifs sont utilisés pour  lutter contre le mauvais œil, guérir de certaines maladies, favoriser la fertilité ou même pour protéger les femmes de la trahison des leurs maris. D’autres ont tout simplement un rôle esthétique.

Tatouage berbère du Maroc. Le motif en forme de croix sur la cheville est destiné à favoriser la fertilité.
Tatouage berbère du Maroc. Le motif en forme de croix sur la cheville est destiné à favoriser la fertilité.

Selon les régions, la céramique berbère est pratiquée par les hommes ou par les femmes. Dans les régions où ce sont les femmes qui la pratiquent, les motifs sont en général plus variés et calqués sur les modèles des tatouages au henné. Les poteries ont également l’apparence du corps d’une femme avec tout ce qui la constitue. Les différentes parties des poteries portent même le nom des parties du corps humain : les bras, le ventre, le cou, la bouche…

Poteries berbères amazigh Maroc
Poteries berbères du Maroc – © Milartino

Le tapis amazigh a des motifs simples avec des lignes droites et des formes géométriques. Les formes les plus répandues sont les losanges, les rectangles et les triangles. Chaque tapis est une pièce unique qui provient de l’imagination de l’artisane berbère : « faire un tapis, c’est comme faire du henné », disent certaines. Le tissage du tapis demande la mémorisation du schéma d’ensemble, des couleurs et des motifs qui devront être utilisés. Même si la femme berbère connaît une infinité de motifs, elle tisse son tapis de façon à ce qu’il réponde à la spécificité de sa tribu.

Tapis berbères marocains d'Aït-ben-Haddou -  © Grand Parc Bordeaux France
Tapis berbères marocains d’Aït-ben-Haddou – © Grand Parc Bordeaux France

Chaque région berbère a en effet ses particularités qu’on trouve dans la couleur, les formes et la taille des motifs, la technique de tissage, la matière utilisée, la forme des nœuds, etc. Ces différences sont souvent imposées par l’environnement. Par exemple, les tapis de la région de Tazart au Maroc sont majoritairement de couleurs jaune, rouge et orange car le henné et le safran s’y trouvent en abondance. Bien que les motifs berbères soient souvent similaires selon les régions, la façon dont ces motifs sont utilisés pour confectionner le tapis est spécifique à chaque tribu.

Aujourd’hui encore, les motifs et symboles berbères font partie intégrante de leur culture.

Aurélie Déjeant-Majedi

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2 thoughts on “Les motifs, signes et symboles berbères / amazighs

  1. C’est vraiment magnifique.
    J’aime beaucoup l’art de la poterie berbère.
    Il y a 20 ans j’ai ramené de Maroc plusieurs objets en terre cuite: une statuette de’une femme, une femme avec son bébé,
    son mari, une tortue, plusieurs petites têtes..
    Je voudrais retrouver d »autres objets de culture berbère en terre cuite, mais à Paris je n’en trouve pas.

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